(English site)

3 - En matière de harcèlement :

D’autre part, les actes de harcèlement scolaire restent en France à un niveau élevé, puisque 10 % des élèves disent en être victimes de façon répétée (dont plus de la moitié de manière sévère)*.  En interventions, il est intéressant de constater que beaucoup de harceleurs ne prennent pas la mesure de la gravité de leurs actes puisqu'ils disent vouloir juste faire rire... Et l'on voit bien ici toute l'importance de ceux qui regardent, qui sont au courant et qui ne disent rien...

 

Depuis quelques années, une nouvelle forme de violence est effective parmi les jeunes, c’est que l’on appelle le « cyber-harcèlement » - par le biais d’Instagram, de Facebook, de Snapchat, d’Internet...  Et comme le souligne Eric Debarbieux* : « Les conséquences sont toujours aussi dramatiques mais plus rapides. Un élève cyber-harcelé pouvant basculer en seulement quinze jours ». En effet, il est important de rappeler que le cyber-harcèlement peut être effectif 24h/24.  En outre, il précise que 40 % des adolescents ont déjà subi cette forme particulière de violence…

 

 

*  Eric Debarbieux – délégué ministériel chargé de la prévention et de la lutte contre les violences en milieu scolaire. Auteur d’un rapport de référence sur la violence scolaire en France. (Avril 2011)

CRISE ? MUTATION ?

En chinois, le mot qui est traduit par "crise" est composé de deux idéogrammes signifiant à la fois "danger" et "opportunité" (de changement).

1- Dans la société civile 

2 - En matière d'addictions

3 - En matière de harcèlement

4 - Dans les actions de prévention

Les conduites à risques ?

Le rapport 2016 de l'ONU sur les drogues

 

1- Dans la société civile

Depuis plusieurs années maintenant, de nombreuses valeurs fondamentales sont de plus en plus en déclin dans notre société moderne ; tant chez les jeunes que chez les adultes : Amour, solidarité, respect, notion du groupe, valeurs collectives, optimisme, sens du sacré, goût de l'effort, vision positive de l’avenir...  Ces valeurs essentielles pour l’épanouissement des humains ont été progressivement délaissées au profit d’un individualisme et d’un matérialisme forcenés…

 

Il est significatif de constater que, parallèlement à ce déclin des valeurs, un nombre croissant d’occidentaux n’arrivent plus à trouver suffisamment de ressources en eux pour surmonter leurs difficultés intérieures, mais aussi celles de leur quotidien. Aussi de plus en plus de nos semblables se rabattent confusément sur des « paradis artificiels » légaux et illégaux, espérant oublier, même un moment, un mal-être souvent difficile à maitriser.

 

Et parmi ces occidentaux en quête de réponses se trouvent un nombre croissant d'adolescents...  Comme ils sont l’avenir de notre civilisation, il nous parait capital de nous pencher vers eux et de leur apporter une oreille attentive, et en cas de besoin de leur tendre la main. En effet, beaucoup de jeunes sont inquiets, quand ils ne sont pas dévalorisés ou fragilisés. Le monde qu’ils perçoivent ne leur semble pas très rassurant, ni porteur de beaucoup d’espoir. C’est pourquoi un grand nombre d'entre eux cherche à s’en évader ou du moins à l'oublier le temps d'une soirée, d'un pétard ou d'une "cuite"…

ESCAPAD ?

Enquête sur la Santé et les Consommations lors de l'Appel de Préparation À la Défense

 

Au cours de la 8ème enquête ESCAPAD, 26.000 adolescents de nationalité française ont été interrogés en mars 2014 sur leur santé et leur consommation de substances psychoactives.  Comme en 2011, la grande majorité des indicateurs de consommation sont à nouveau en hausse.

ESPAD ?

European School Survey Project on Alcohol and other Drugs

 

Depuis 1999, la France participe à l’enquête européenne Espad qui est menée tous les 4 ans dans plus de 35 pays européens auprès des élèves âgés de 16 ans. Elle est réalisée en France sous la responsabilité de l‘OFDT et de l'Inserm.  Son objectif principal est de collecter des données comparatives sur l’usage des « drogues » en Europe.

Il en ressort que la consommation de produits addictifs des jeunes français est une des plus haute d’Europe. 

CIVILISATION

DE L'EMPATHIE

Télécharger le rapport

de Eric Debarbieux

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LES CONDUITES A RISQUES ?

S’il n’y a pas de réel consensus concernant la définition des conduites à risques, il est tout de même possible de s’appuyer sur les nombreux points communs qui sont proposés par les spécialistes.

 

Les conduites à risques désignent des comportements avec une mise en danger plus ou moins volontaire de soi.  Ce sont des comportements que certains appellent des comportements-problèmes, tels que  la consommation excessive de substances psychoactives, la délinquance, les violences, l’anorexie, la boulimie, les comportements dangereux sur la route, les scarifications, les tentatives de suicide…

 

Si certaines de ces conduites font parties de l’adolescence, elles représentent le plus souvent pour le jeune un moyen, souvent inconscient, de faire passer un message et d’exprimer une souffrance intérieure.

 

Les conduites à risques se définissent également comme un engagement délibéré et répétitif dans des situations dangereuses, pour rechercher le frisson.  Et comme le dit si justement David Lebreton*, c’est un moyen pour l’adolescent de se rendre compte de la valeur de son existence.

 

Par contre, il est important de rappeler qu'une conduite à risque qui se répète est très souvent un appel lancé à l’adulte, même si le jeune n’en n’est pas conscient. Il est donc fondamental pour cet adulte d’être à l’écoute du jeune ; action d’autant plus compliquée qu’elle se situe au moment même où l’adolescent revendique de l’autonomie et cherche à prendre sa li

 

* David Lebreton  Professeur à l'Université de Strasbourg, membre de l'Institut Universitaire de France. Spécialiste des conduites à risques

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de David Lebreton

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Le contexte actuel

2 - En matière d'addictions : 

Malgré beaucoup de temps, d’énergie et de moyens déployés, la consommation de produits addictifs ne baisse pas chez les jeunes français de manière significative.  (Nos ados sont mêmes parmi les plus gros consommateurs de drogues en Europe*…) Les usagers de "drogues" sont de plus en plus jeunes, et un nombre croissant d’entre eux vont jusqu’à s’abimer dans une pratique extrême appelée "binge-drinking"  (qui veut littéralement dire beuverie effrénée) ; c’est ce que beaucoup de jeunes appellent : « profiter de sa jeunesse »…  Pour autant, ce type de comportement n’est pas à proprement parler un signe de bonne santé émotionnelle… Même si souvent le jeune n'en est pas conscient, ce genre de pratique extrême et destructrice cache bien souvent un mal-être. Il convient donc d'en parler.

 

Dans les séances de prévention, beaucoup de ces consommateurs extrêmes disent se défoncer pour s’échapper d’un mal-être souvent difficile à appréhender pour eux, quand d’autres parlent de profiter d’une soirée pour s’évader d’une société qu'ils perçoivent comme étant de plus en plus anxiogène. Certains enfin, suivent une mode, sans trop se poser de questions. En effet, pour bon nombre de jeunes occidentaux, le "trash" est une mode à suivre...  Il est important de souligner ici que la pression des dealers et des industriels (tabac & alcool) n’a jamais été aussi forte sur les jeunes que depuis quelques années. Et de ce fait, de nombreux adolescents consomment (même en grande quantité) sans se poser de questions, puisque cela leur semble être devenu une norme.

Devant l’ampleur des conduites à risques chez les ados français - qui sont parmi les plus pessimistes et les plus gros consommateurs de produits addictifs d'Europe*,  nous pensons qu’il n’est plus temps d’uniquement alerter sur les dangers des produits et le simple rappel à la loi.

 

 

* Enquêtes ESCAPAD 2011 & 2014 et ESPAD 2014

Un bémol important : 

En effet, il nous parait très important de rappeler que beaucoup d’adolescents vont bien ! Ils sont nombreux à faire un usage occasionnel et festif de produits addictifs, quand certains ne touchent à aucun produit. Finalement, un très grand nombre de jeunes n'est pas forcément tenté d'aller plus loin et savent se poser des limites. Ils font des expériences, testent leurs limites ou cherchent à s’inscrire dans un groupe. Leur consommation n'est pas forcément problématique, comme certains voudraient le faire croire...

 

Il est intéressant de constater que, dans les animations, beaucoup de ces jeunes disent avoir une vision (plutôt) positive de l’avenir et d’eux-mêmes. De ce fait, ils savent faire des choix différents, se poser des limites, et faire attention à eux.  Nombreux sont ceux qui disent avoir reçus encouragements, attention, amour...  En deux mots, ils ont (plutôt) une bonne estime de soi. Nous touchons ici la pierre angulaire des conduites addictives - et des fait des actions de prévention : la construction de soi.  Il nous parait fondamental de donner, lors de nos interventions, des pistes de réflexions très concrètes sur cet aspect de la psyché humaine.

4 - Dans les actions de prévention : 

Malgré ces changements notables dans les mentalités et dans les pratiques  de consommation chez les jeunes, les formes de prévention sur les conduites addictives n’ont guère évoluées ces dernières années en France :   

. Elles sont souvent basées sur les dangers des produits et le rappel à la loi…

. Elles n’abordent pas (ou peu) la construction de soi, bien que la thématique soit essentielle

. Elles sont de plus en plus difficiles à financer ; surtout plus d'une fois dans l'année

. Elles sont souvent parachutées de loin – donc avec peu ou pas de suivi

. Les intervenants tentent souvent de faire passer un message moralisateur

. Il n'y a quasiment aucune source de financement pour présenter des interventions sur l'estime de soi.

 

D’autre part, tout le monde connait l’attrait de l’interdit chez un grand nombre d’ados et ce, à toutes les époques. C'est pourquoi se baser essentiellement sur les interdictions et le rappel à la loi ne suffit pas. D'ailleurs malgré tout un arsenal de plus en plus répressif, la consommation de produits addictifs n'a pas  baissée en France au cours de ces dernières années, elle est même en augmentation. Il est intéressant de constater que la France est à la fois un des pays les plus répressifs d'Europe,  avec une des plus fortes consommations chez les jeunes... Il nous semble important de trouver un autre levier.

 

Quant à la dangerosité des produits, c’est n'est plus suffisant pour intéresser (ou inquiéter) les jeunes. Si il y a encore trente ans les acteurs de prévention pouvaient faire peur avec des arguments chocs sur les conséquences parfois désastreuses de certains produits, ce n'est plus le cas actuellement. Les jeunes sont hyper informés et ne dit-on pas que la peur est une bien mauvaise conseillère ? Aussi leur parler des dangers des produits n'est très efficace. D'autant que, bien souvent, la dangerosité est devenue un argument de défi… Du genre :" pas cap' de prendre ce produit !" Enfin, il nous parait difficile de trouver un argument plus choc que "Fumer tue". Et pourtant, malgré la triste réalité du tabac, les jeunes ne sont pas très sensibles à ce genre d'argument. C'est pourquoi ils disent ouvertement ne pas voir l’intérêt d’entendre à nouveau dans des actions de prévention ce qu’ils savent déjà : « C’est dangereux pour la santé et c’est interdit par la loi ! ».

 

Nous pensons donc que ce n’est plus uniquement par ces biais-là que nous pouvons amener les jeunes à s’interroger sur leurs pratiques et, dans certains cas, les aider à faire d’avantage attention à eux. Nous préférons donc les interpeller sur ce dont ils ont besoin pour se construire et de les faire réfléchir sur de nombreux points essentiels en matière de prévention :

 

.  Le rappel à la loi, la dangerosité de certains produits ou de certains comportements

.  la pression des pairs, des médias, des industriels

.  le besoin d’expérimenter de nouvelles sensations

.  le besoin de s’insérer et de trouver sa place dans un groupe

.  la vision des jeunes de la société actuelle

.  leurs conditions de vie, leur entourage

.  la répétition du message de prévention

.  la citoyenneté, le respect - de soi, des autres, des règles.

.  la construction de soi

 

 

Ceci dit, devant l'étendu des sujets à traiter et à échanger, nous pensons que deux  heures dans l'année ne sont pas suffisantes, loin de là. D'autant qu'il faut un certain temps en début d'intervention pour prendre le pouls de la classe et que les jeunes commencent à avoir confiance dans l'intervenant qu'ils voient devant eux pour la première fois. Au final, la séance d'intervention passe très vite.  Pour permettre des échanges plus poussés, nous avons créé un nouveau concept de prévention qui permet plusieurs temps d'échange dans l'année et très axée sur la construction de soi : la "Session-Totem".